aikhyy : pourquoi nous construisons un navigateur
Filtrer le web avec une extension ne suffit pas. Voici pourquoi nous avons choisi la voie difficile — un navigateur complet, avec une IA qui ne quitte jamais votre appareil.
Quand nous avons commencé à réfléchir à la protection du regard en ligne, la réponse évidente était une extension de navigateur. C'est ce que tout le monde fait : un bloqueur de sites, une liste noire, quelques mots-clés filtrés. Nous avons choisi de construire un navigateur complet à la place. Voici pourquoi.
Les extensions échouent par construction
Une extension arrive après la bataille. La page est déjà téléchargée, l'image déjà décodée, la vidéo déjà en lecture — l'extension ne peut que masquer après coup ce qui a déjà été affiché, parfois pendant une fraction de seconde. Pour un outil dont la raison d'être est qu'aucun contenu illicite n'atteigne jamais l'œil, cette fraction de seconde est un échec.
Un navigateur, lui, contrôle toute la chaîne : la requête réseau avant qu'elle ne parte, l'image avant qu'elle ne soit rendue, le flux audio avant qu'il n'atteigne le haut-parleur. C'est le seul endroit de la pile technique où le principe « zéro flash » est tenable : dans aikhyy, tout est flouté par défaut, et ne se révèle qu'après un verdict favorable. Dans le doute, ça bloque — fail-closed.
Trois gardes, une promesse
aikhyy superpose trois lignes de défense indépendantes :
- Le réseau — 4,6 millions de domaines illicites sont écartés avant le moindre paquet, via des listes signées de bout en bout et mises à jour par un canal vérifié.
- L'écran — chaque image et chaque vidéo passe devant des modèles de vision embarqués ; un filet surveille même les contenus en mouvement et recouvre une scène qui dérape en pleine lecture.
- Le son — la musique est détectée localement et coupée ou atténuée avant le haut-parleur ; le mode « voix seule » laisse passer un cours tout en effaçant le chant.
Pourquoi l'IA doit rester locale
Un filtre de contenu voit, par définition, tout ce que vous consultez. Si ce filtre tourne sur un serveur, votre historique complet transite chez un tiers — c'est structurellement incompatible avec ce que nous voulions construire.
Toute l'analyse d'aikhyy tourne donc sur l'appareil. Aucun compte, aucun tracker, aucune télémétrie : le navigateur fonctionne intégralement en mode avion. Ce choix nous coûte cher — embarquer des modèles de vision et d'audio dans une application, les faire tourner en temps réel sans vider la batterie, c'est précisément la partie difficile du projet. Mais c'est la seule architecture où la promesse « rien ne quitte ton appareil » est vérifiable plutôt que déclarative.
Où en est le projet
La version desktop (macOS, Windows, Linux) est en bêta fermée, distribuée par vagues d'invitations. Les versions iOS et Android suivront — même moteur de filtrage, exécuté sur le téléphone.
Si le projet vous parle, rejoignez la liste d'attente. Places limitées, aucune relance, aucun spam — évidemment.